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Cumul emploi-retraite 2027 : ce qui change pour les dirigeants et les indépendants

22 octobre 2026

Les trois régimes du cumul emploi-retraite à compter de 2027 selon l'âge

Percevoir sa retraite tout en poursuivant une activité devient plus encadré. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 réforme le cumul emploi-retraite pour les pensions qui prennent effet à compter du 1er janvier 2027. Pour un dirigeant, un indépendant ou un professionnel libéral proche du départ, la date de liquidation de la retraite prend donc une importance nouvelle.


En bref


  • La réforme vise uniquement les pensions dont la date d’effet est fixée au 1er janvier 2027 ou après.

  • Les règles dépendent désormais de l’âge : avant l’âge légal, entre l’âge légal et 67 ans, après 67 ans.

  • Entre l’âge légal et 67 ans, la pension est réduite de 50 % des revenus d’activité qui dépassent un seuil annuel, attendu autour de 7 000 €.

  • Le cumul sans limite est réservé aux personnes de 67 ans et plus.

  • Une pension prenant effet le premier jour d’un mois, la dernière date d’effet possible sous les règles actuelles est le 1er décembre 2026.


Qui est concerné par la réforme du cumul emploi-retraite ?


La réforme est prévue par l’article 102 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026). Elle modifie les articles L. 161-22 et suivants du Code de la sécurité sociale.


Elle s’applique aux assurés dont la première pension prend effet à compter du 1er janvier 2027. Les retraités dont la pension a pris effet avant cette date restent soumis au régime actuel.


Sont visés les salariés, les fonctionnaires, les travailleurs indépendants et les professions libérales. Les pensions de base et les retraites complémentaires sont concernées. Certaines situations particulières (invalidité, certains régimes spéciaux, certaines activités de santé ou d’intérêt général) relèvent de dérogations ou de textes d’application encore attendus.


Quelles règles selon votre âge ?


Jusqu’ici, le droit distinguait le cumul « intégral » (sans plafond, sous conditions de taux plein) et le cumul « plafonné ». La réforme supprime cette distinction. Seul l’âge de l’assuré au moment où il perçoit ses revenus d’activité est désormais pris en compte.


Âge de l’assuré

Effet des revenus d’activité sur la pension

Avant l’âge légal de départ

Réduction de la pension à hauteur de la totalité des revenus, dès le premier euro.

De l’âge légal à 67 ans

Pension versée en totalité jusqu’au seuil. Au-delà, réduction de 50 % de la fraction qui dépasse le seuil.

À partir de 67 ans

Cumul intégral, sans plafond ni réduction. Les cotisations versées peuvent ouvrir de nouveaux droits à retraite.


Les revenus retenus comprennent les revenus d’activité, mais aussi certains revenus de remplacement, comme les indemnités journalières, selon la fiche Service-Public consacrée à la réforme.


Avant l’âge légal


Ce cas concerne principalement les départs anticipés, par exemple au titre d’une carrière longue. Chaque euro de revenu d’activité diminue d’autant la pension. La pension peut ainsi être suspendue en totalité, sans devenir négative.


L’âge légal dépend de l’année de naissance. Il progresse de 62 ans et 9 mois (assurés nés en 1963 et 1964) jusqu’à 64 ans (assurés nés à partir de 1969). Il est à vérifier pour chaque génération.


Entre l’âge légal et 67 ans


Le cumul reste possible, mais il est plafonné. Tant que les revenus retenus ne dépassent pas le seuil, la pension est versée en totalité. Au-delà, la pension est réduite de la moitié du dépassement.


Le seuil ne limite pas les revenus d’activité eux-mêmes. Il détermine à partir de quel montant la pension commence à diminuer.


À partir de 67 ans


Le cumul est intégral. Les revenus d’activité n’affectent pas la pension. Les périodes travaillées et cotisées peuvent ouvrir droit à une seconde pension, selon les règles du régime concerné.


Quel est le montant du seuil ?


Le seuil applicable entre l’âge légal et 67 ans doit être fixé par décret. À la date de rédaction de cet article, ce décret n’a pas été publié. Le montant attendu, mentionné notamment par Service-Public et par les travaux préparatoires, est de 7 000 € par an.


Ce chiffre reste indicatif. Les modalités précises (revenus bruts ou nets, période de référence, répartition de la réduction entre retraite de base et complémentaire, détermination du revenu des indépendants) dépendent également des textes d’application.


Exemples chiffrés


Les exemples ci-dessous sont simplifiés. Ils retiennent un seuil hypothétique de 7 000 € par an, sous réserve du décret à paraître.


Exemple 1 — Claire, consultante, départ à l’âge légal.

Claire perçoit 10 000 € de revenus d’activité dans l’année.

  • Fraction au-dessus du seuil : 10 000 € − 7 000 € = 3 000 €.

  • Réduction de pension : 3 000 € × 50 % = 1 500 € sur l’année.


Exemple 2 — Marc, dirigeant, départ à l’âge légal.

Marc conserve une rémunération de 30 000 € par an.

  • Fraction au-dessus du seuil : 30 000 € − 7 000 € = 23 000 €.

  • Réduction de pension : 23 000 € × 50 % = 11 500 € sur l’année.


Exemple 3 — Paul, départ anticipé (carrière longue), avant l’âge légal.

Paul perçoit une pension de 24 000 € par an et reprend une activité rémunérée 10 000 € par an.

  • Réduction de pension : 10 000 € (totalité des revenus).

  • Pension maintenue : 24 000 € − 10 000 € = 14 000 € sur l’année.


Ces calculs n’intègrent ni la fiscalité, ni les prélèvements sociaux, ni les éventuelles règles propres à chaque caisse.


Pourquoi la date de départ devient un choix stratégique ?


Le critère déterminant est la date d’effet de la pension, pas la date de la demande ni celle de la cessation d’activité.


Une pension prend effet le premier jour d’un mois, et jamais avant le dépôt de la demande. Une pension prenant effet le 1er janvier 2027 relève donc des nouvelles règles. Pour rester sous le régime actuel, la date d’effet doit être fixée au plus tard au 1er décembre 2026. Cela suppose en principe une cessation de l’activité et un dépôt de la demande avant cette date. Les délais propres à chaque caisse et aux contrats en cours (préavis, mandat social) sont à vérifier.


Partir plus tôt n’est pas toujours favorable. Avancer la liquidation peut faire renoncer à une surcote, ou à des trimestres supplémentaires. Une pension liquidée ne peut en principe plus être recalculée. L’arbitrage repose donc sur une comparaison chiffrée de deux scénarios :

  • liquidation avec effet au plus tard le 1er décembre 2026, sous les règles actuelles ;

  • liquidation à compter de 2027, en mesurant l’effet du plafonnement sur les revenus d’activité envisagés.


Et l’épargne retraite ?


Si le cumul devient moins avantageux, d’autres leviers peuvent compléter les revenus futurs : plan d’épargne retraite (PER), rachat de trimestres, organisation de la rémunération du dirigeant ou de la trésorerie de la société. Leur intérêt dépend de la situation fiscale, patrimoniale et de l’horizon de départ de chacun.


Questions fréquentes


Je suis déjà en cumul emploi-retraite. Suis-je concerné ?

Non, si votre pension a pris effet avant le 1er janvier 2027. Le régime actuel continue de s’appliquer.


Le seuil de 7 000 € est-il définitif ?

Non. Il doit être fixé par décret, non publié à la date de cet article.


Le seuil plafonne-t-il mes revenus d’activité ?

Non. Vous pouvez percevoir des revenus supérieurs. C’est la pension qui est réduite de 50 % du dépassement.


Puis-je acquérir de nouveaux droits à retraite en cumul ?

Selon les textes et la fiche Service-Public, l’activité exercée à partir de 67 ans peut ouvrir de nouveaux droits. Avant 67 ans, le nouveau dispositif général ne prévoit pas, en principe, de nouveaux droits ; ce point reste à confirmer selon les régimes.


Les revenus locatifs ou les dividendes sont-ils pris en compte ?

Le dispositif vise les revenus d’activité et certains revenus de remplacement. Le traitement des revenus d’un dirigeant (rémunération, dividendes soumis à cotisations) est à analyser au cas par cas, dans l’attente des textes d’application.


À retenir


La réforme du cumul emploi-retraite s’applique aux pensions prenant effet à compter du 1er janvier 2027. Elle introduit trois régimes selon l’âge, et réserve le cumul libre aux personnes de 67 ans et plus. Le seuil intermédiaire reste à confirmer par décret.


Pour un départ proche, la date d’effet de la pension devient un paramètre à arbitrer dès maintenant, au regard des revenus envisagés après la liquidation. Chaque situation appelle une analyse individuelle, à mener avec votre expert-comptable et votre caisse de retraite.


Sources : Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026, article 102 ; Code de la sécurité sociale, articles L. 161-22 à L. 161-22-1-4 ; Service-Public, Nouvelles règles du cumul emploi-retraite à partir de 2027 ; Service-Public, Cumul emploi-retraite du salarié ; décret fixant le seuil de revenus (à paraître).

Article à jour au 22 octobre 2026. Les seuils et règles cités sont susceptibles d’évoluer. Cet article constitue une information générale et ne remplace pas une analyse de votre situation par un professionnel.


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