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Création d'entreprise : comment un expert-comptable peut vous accompagner

3 octobre 2026

Étapes de la création d'entreprise : prévisionnel, statut, franchise de TVA, ACRE

Une création d’entreprise suppose une série de choix techniques : forme juridique, financement, formalités, régime de TVA, premières embauches. Plusieurs de ces choix produisent des effets pendant plusieurs années. Cet article présente, étape par étape, ce qu’un expert-comptable peut apporter à un projet de création, avec deux exemples chiffrés.

En bref

  • Le prévisionnel financier sert à mesurer le besoin de financement et à présenter le projet aux banques.

  • Le choix de la forme juridique détermine le régime fiscal, le régime social du dirigeant et l’étendue de sa responsabilité.

  • Les formalités se font en ligne, via le guichet unique des formalités d’entreprises.

  • En 2026, la franchise en base de TVA s’applique jusqu’à 37 500 € de chiffre d’affaires pour les prestations de services et 85 000 € pour les ventes (seuils de base).

  • Depuis 2026, l’ACRE est réduite et doit être demandée dans les 60 jours suivant le début d’activité.

Pourquoi construire un prévisionnel avant de créer ?

Le prévisionnel financier traduit le projet en chiffres. Il comprend en général un compte de résultat prévisionnel, un plan de financement et un plan de trésorerie sur deux ou trois ans.

Il répond à trois questions :

  • Le projet peut-il dégager un résultat, et à partir de quel niveau d’activité ?

  • Combien faut-il réunir avant de démarrer ?

  • La trésorerie reste-t-elle positive pendant les premiers mois, souvent les plus tendus ?

L’expert-comptable aide à construire ces tableaux, à tester les hypothèses (prix, volumes, délais de paiement des clients) et à identifier les aides mobilisables : ACRE, prêts d’honneur, dispositifs régionaux. Le dossier ainsi constitué peut être présenté à une banque ou à des investisseurs.

Exemple 1 : calculer le besoin de financement

Thomas prévoit d’ouvrir une agence. Ses besoins de départ sont estimés ainsi :

Poste

Montant

Investissements (matériel, aménagement)

30 000 €

Besoin en fonds de roulement (BFR)

10 000 €

Trésorerie de sécurité

5 000 €

Besoin total

45 000 €

Le besoin en fonds de roulement correspond à l’argent immobilisé entre le paiement des fournisseurs et l’encaissement des clients.

Thomas apporte 15 000 € de fonds personnels. Le montant restant à financer est donc de 45 000 € − 15 000 € = 30 000 €, soit les deux tiers du besoin total. C’est ce montant qui sera discuté avec la banque.

Exemple simplifié : il ne tient pas compte des frais de création, des aides éventuelles ni de la TVA sur les investissements.

Quelle forme juridique choisir ?

Le choix se fait entre l’entreprise individuelle et la société (EURL, SARL, SASU, SAS notamment). Il produit des effets sur trois plans.

Le régime fiscal. Selon la forme et les options retenues, les bénéfices relèvent de l’impôt sur le revenu (IR) du dirigeant ou de l’impôt sur les sociétés (IS). Certaines options sont limitées dans le temps ou soumises à conditions.

Le régime social du dirigeant. Le président de SAS ou de SASU relève du régime des assimilés salariés. Le gérant majoritaire de SARL et l’associé unique gérant d’EURL relèvent du régime des travailleurs non salariés (TNS). Les niveaux de cotisations et de protection sociale diffèrent sensiblement entre les deux régimes.

La responsabilité. Depuis la loi du 14 février 2022, l’entrepreneur individuel dispose de plein droit de deux patrimoines distincts : seul le patrimoine professionnel répond, en principe, des dettes professionnelles (article L. 526-22 du Code de commerce). Le statut d’EIRL n’est plus ouvert aux nouvelles créations. Cette protection connaît des exceptions, notamment en cas de garanties personnelles accordées à une banque.

L’expert-comptable compare ces options au regard de la situation du créateur : niveau de rémunération envisagé, besoins de protection sociale, projet d’association, levée de fonds ou transmission à terme. Le choix relève du créateur, après cet échange.

Quelles formalités pour immatriculer l’entreprise ?

Depuis le 1er janvier 2023, les formalités de création se font en ligne sur le guichet unique géré par l’INPI. Pour une société, les étapes habituelles sont les suivantes :

  • rédaction des statuts ;

  • évaluation des éventuels apports en nature ; selon la forme de la société et les montants en jeu, l’intervention d’un commissaire aux apports peut être requise ;

  • dépôt du capital social sur un compte bloqué ;

  • publication d’un avis de constitution dans un support d’annonces légales ;

  • dépôt du dossier d’immatriculation sur le guichet unique.

Une erreur dans les statuts ou un dossier incomplet peut retarder l’immatriculation. L’expert-comptable peut coordonner ces étapes, en lien avec un avocat ou un notaire lorsque le dossier l’exige (apport d’un bien immobilier, pacte d’associés, par exemple).

Quels choix fiscaux faire dès le démarrage ?

Plusieurs choix fiscaux interviennent dès les premiers mois : régime d’imposition des bénéfices, éventuelles options (IS, IR), régime de TVA.

Pour la TVA, une entreprise peut bénéficier de la franchise en base : elle ne facture pas de TVA et ne la récupère pas sur ses achats. En 2026, les seuils prévus par l’article 293 B du Code général des impôts sont les suivants :

Activité

Seuil de base (année précédente)

Seuil majoré (année en cours)

Ventes de marchandises, hébergement

85 000 €

93 500 €

Prestations de services

37 500 €

41 250 €

La franchise cesse de s’appliquer dès que le seuil majoré est dépassé en cours d’année. Elle cesse également au 1er janvier de l’année suivante lorsque le chiffre d’affaires de l’année dépasse le seuil de base. Le projet de seuil unique à 25 000 € envisagé par la loi de finances pour 2025 a été abandonné.

Exemple 2 : la franchise de TVA d’un consultant

Léa crée une activité de conseil le 1er mars 2026. Elle prévoit 40 000 € de chiffre d’affaires hors taxes sur 2026.

  • En 2026 : 40 000 € ne dépasse pas le seuil majoré de 41 250 €. Léa peut rester en franchise toute l’année, sauf si son chiffre d’affaires réel franchit 41 250 €. Dans ce cas, la TVA s’applique dès la date du dépassement.

  • En 2027 : son chiffre d’affaires 2026 (40 000 €) dépasse le seuil de base de 37 500 €. La franchise ne s’applique plus à compter du 1er janvier 2027. Léa facture alors la TVA et la déclare.

Anticiper ce passage permet d’adapter les prix et la facturation. Pour un client particulier, qui ne récupère pas la TVA, la hausse du prix TTC peut peser sur la relation commerciale.

Exemple simplifié : il suppose une activité exclusivement de prestations de services et des seuils 2027 identiques à ceux de 2026.

L’expert-comptable aide aussi à mettre en place les outils de suivi : facturation conforme, calendrier des déclarations, suivi de la trésorerie.

Quelles obligations dès la première embauche ?

L’embauche d’un premier salarié entraîne plusieurs obligations pour l’employeur, notamment :

  • la déclaration préalable à l’embauche (DPAE) auprès de l’Urssaf, avant la prise de poste (article L. 1221-10 du Code du travail) ;

  • la tenue du registre unique du personnel (article L. 1221-13 du Code du travail) ;

  • l’établissement du document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) ;

  • la rédaction du contrat de travail et l’application de la convention collective de l’activité ;

  • la mise en place de la paie et des déclarations sociales nominatives (DSN).

Ces obligations engagent la responsabilité de l’employeur dès le premier salarié. L’expert-comptable peut les mettre en place et assurer ensuite la gestion de la paie.

L’accompagnement s’arrête-t-il à l’immatriculation ?

Non, dans la plupart des missions. Les premiers mois permettent de comparer le réalisé au prévisionnel, de suivre la trésorerie et d’ajuster les hypothèses. L’expert-comptable assure aussi la tenue ou la révision de la comptabilité, les déclarations fiscales et l’établissement des comptes annuels.

Questions fréquentes

L’ACRE est-elle automatique en 2026 ?
Non. Depuis la réforme issue de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, l’ACRE doit être demandée à l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début d’activité. L’exonération est désormais plafonnée à 25 % des cotisations concernées, pendant 12 mois en principe. Les conditions d’éligibilité restent liées à la situation du créateur (demandeur d’emploi, bénéficiaire de minima sociaux, moins de 26 ans, etc.).

Peut-on changer de forme juridique après la création ?
Oui, une transformation est possible. Elle a toutefois un coût (formalités, honoraires) et peut avoir des conséquences fiscales. D’où l’intérêt d’un choix réfléchi au départ.

Le prévisionnel est-il obligatoire ?
Aucun texte ne l’impose de manière générale. Il est en revanche demandé par les banques pour toute demande de prêt et par la plupart des organismes d’aide.

Une micro-entreprise a-t-elle besoin d’un expert-comptable ?
Ce n’est pas obligatoire. Un échange peut néanmoins être utile pour vérifier que ce régime est adapté au projet, au regard des seuils, des charges réelles et de la protection sociale.

À retenir

Une création d’entreprise combine des décisions juridiques, fiscales, sociales et financières qui interagissent entre elles. L’expert-comptable apporte une vision d’ensemble de ces choix et de leurs conséquences. Chaque projet appelle une analyse individuelle : la décision finale relève du créateur, après échange avec son expert-comptable. Le cabinet MTLC accompagne les créateurs à Lyon, Sainte-Foy-lès-Lyon, Francheville et Tassin-la-Demi-Lune.

Sources : article 293 B du CGI (Légifrance) ; Franchise en base de TVA (entreprendre.service-public.gouv.fr) ; ACRE (entreprendre.service-public.gouv.fr) ; article L. 526-22 du Code de commerce (Légifrance) ; décret n° 2026-69 du 6 février 2026 relatif à l’ACRE ; articles L. 1221-10 et L. 1221-13 du Code du travail.

Article à jour au 3 octobre 2026. Les seuils et règles cités sont susceptibles d’évoluer. Cet article constitue une information générale et ne remplace pas une analyse de votre situation par un professionnel.

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